History : Lectures pour tous ( 15 Janvier 1916 ) Translate French, Spanish, English and Romana


 

Here is a detailed description of the vintage magazine cover shown in image.png:

Overview

image.png displays the front cover of an old, weathered issue of the French periodical "Lectures pour tous" (meaning "Readings for Everyone"). The issue is dated January 15, 1916, during the First World War.

Cover Layout & Text

  • Main Title: At the very top, the title "LECTURES POUR TOUS" is printed in a bold, capitalized, serif typeface. It is underscored by a decorative horizontal border featuring a repeating leaf or laurel pattern.

  • Central Portrait: The centerpiece is a large, rectangular, sepia-toned photograph of a woman identified in the caption below as Mme Carton de Wiart (Marie Carton de Wiart, a notable Belgian political and social figure). She is depicted from the waist up, wearing a dark gown and a long, sheer veil over her hair, with a gentle expression looking slightly off-camera. The credit line directly underneath the photo reads (Cl. Henri Manuel), attributing the portrait to the prominent French photographer Henri Manuel.

  • Publication & Copyright Details: At the bottom of the page, the fine print includes:

    • Copyright: Copyright by Hachette et Cie, 1915. followed by standard French rights reservations.

    • Issue Info: 18e Année. — 8e Liv. — 15 Janvier 1916. — 38 (indicating the 18th year of the publication, the 8th issue, and the page or price code 38).

Physical Condition & Aesthetic

The paper shows severe signs of age and wear, giving it a distinct historical character:

  • The edges are frayed, chipped, and unevenly torn, particularly along the left spine side.

  • The paper is heavily creased, wrinkled, and discolored with age.

  • There are prominent reddish-pink ink smudges and water stains visible on the left side and scattered across the central portrait.

  • The magazine is resting vertically on a smooth, light-brown wooden surface.


    Fișierul PDF conținând textul transcris complet și tehnoredactat într-un format literar elegant este gata.

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    Mai jos puteți citi transcrierea completă și corectată a textului istoric în limba franceză din imaginea atașată (La Française d'aujourd'hui et de toujours de René Doumic, publicat în revista Lectures pour tous la 15 ianuarie 1916):

    LA FRANÇAISE D'AUJOURD'HUI ET DE TOUJOURS

    PAR RENÉ DOUMIC

    DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

    Extrait de « Lectures pour tous » — 15 Janvier 1916

    Toutes, femmes et jeunes filles, mères, filles et sœurs, riches et pauvres, grandes dames et femmes du peuple, depuis le début de la guerre, elles ont tout accepté, les inquiétudes, les privations, les souffrances et les deuils. Dans l'angoisse elles ont réprimé les battements de leur cœur, dans la douleur elles ont refoulé leurs larmes. Elles ne se sont oubliées elles-mêmes pour ne songer qu'à ceux qui se battent. Elles ne vivent que pour le soldat, et c'est pourquoi les braves qui, en Belgique, en France, en Orient, luttent pour la France, sentent planer sur eux comme une immense tendresse maternelle.

    Tout le monde a célébré cette belle attitude de nos Françaises... Eh bien, nous ne les admirons encore ni comme nous le devrions, ni comme elles le méritent. L'hommage que nous leur rendons n'est digne ni d'elles, ni de nous, et c'est ce que je voudrais dire.

    Car à notre admiration il semble qu'il se mêle un peu d'étonnement. On dirait que nous ne nous attendions pas à leur trouver des âmes si belles, et que nous en avons de la surprise. Nous avons l'air de découvrir, comme si la guerre nous l'avait révélée ! Est-ce possible ? Dans une France qui n'a pas cessé d'être la France de Jeanne d'Arc, se peut-il que nous puissions oublier ce que vaut la femme de chez nous ? Ce qu'elle est aujourd'hui elle l'était hier, elle l'a toujours été. Elle filait jadis pour la rançon des princes, de ces mêmes doigts agiles qui tricotent maintenant pour fournir nos soldats de chauds vêtements. Aux heures les plus tragiques, une seule idée ne lui est jamais venue : céder. Les spectacles de l'autre guerre — celle que nous avons appelée « la guerre » — ne sont pas si lointains que nous ne soyons beaucoup à nous en souvenir, et je me rappelle dans Paris assiégé les longues chaînes de femmes attendant devant les boulangeries pour rapporter la maigre ration de la famille. Je me rappelle une vieille grand-mère qui s'en revient, dans ce cruel hiver, transie de froid, les yeux rougis par la bise. Je ne lui ai vu qu'une fois les yeux rougis de larmes, c'est le jour qui mit un terme à toutes ces misères...

    Et se peut-il que nous ayons eu besoin de circonstances exceptionnelles pour juger la Française ? Ne suffisait-il pas de l'avoir vue aux prises avec les épreuves que l'existence quotidienne ne ménage à aucune d'elles ? N'avons-nous pas remarqué quelle réserve elle déploie ? De quel héroïsme de bon bourgeois des siens est-elle capable ? L'homme en a-t-il auprès d'elle une douleur à consoler, une tristesse à réconforter, soyez sans crainte : elle ne faiblira pas. Nous disons alors que ses nerfs la soutiennent : c'est sa force d'âme qu'il faudrait dire. Ne l'avons-nous pas vue au chevet des malades avant de la voir auprès du lit des blessés ? La plus frêle se découvre alors des forces qui nous étonnent et la plus ignorante a, pour apaiser les pires détresses, des mots que nous n'inventerions pas. Il se peut qu'on ait chassé de chez nous les sœurs de charité : elles ont trouvé un asile dans le cœur de toutes nos femmes.

    Mais ses plus beaux sacrifices la femme française les accomplit sans effort et sans étalage, avec un air de n'y pas toucher et un parti pris de ne pas s'en faire accroire. Elle laisse à d'autres le pédantisme de la vertu pour n'en prendre que la fleur. Même héroïque, elle n'oublie pas d'être gracieuse, ou plutôt elle l'est sans y songer. Sa bonté a de l'esprit, sa grâce a le sourire ; et c'est à ce trait qu'on la reconnaît : la divine simplicité.

    « Pourtant la Parisienne d'avant la guerre... les modes de 1914... la jupe-culotte et le tango ? » Ce n'est pas moi qui défendrai les idées qui nous venaient d'Autriche et l'allure du Sud-Amérique nous aurions mieux fait de la laisser. Mais l'excentricité de quelques femmes devait-elle faire condamner toutes les femmes ? Hélas nous ne manquons jamais en France de médire de nous-mêmes. Notre littérature a fabriqué, pour les besoins du roman et pour les exigences de la scène, le type amusant et falot de la Parisienne de luxe. Qu'à l'étranger on ait feint de prendre cette vaine image pour un portrait ressemblant, rien de plus naturel. La femme française est très jalousée, et pour cause. Mais est-ce à nous de répéter les calomnies intéressées de l'hypocrite Allemagne et d'y faire écho ? Maintenant encore c'est un lieu commun de nos écrivains et de nos conférenciers d'opposer la Française d'aujourd'hui à la Française d'hier. Ne savent-ils donc pas ce qu'elle a fait pour son pays, cette Française d'hier et de toujours, aux années mêmes où ils affecteraient de la croire uniquement occupée de futilité ? Et ne comprennent-ils pas ce que nous lui devons ?

    Nous lui devons, avant toute chose, d'être celle qui garde intact le dépôt sacré de nos qualités traditionnelles. S'il est vrai qu'il y ait une « manière française » faite de noblesse, de générosité et de bonté, qui ne voit quelle part y revient à l'influence féminine ? D'instinct, la femme a la haine de ce qui est vulgaire et bas, l'amour de ce qui est désintéressé et chevaleresque. Or, nous ne sommes pas de ceux qui ne voient dans la femme qu'une ménagère ou une servante : nous en faisons la compagne, l'amie, l'inspiratrice. C'est elle qui entretient chez nous le culte de l'idéal.

    Et elle le transmet à nos fils. C'est sur elle, en effet, et sur elle seule que repose toute la tâche de l'éducation. Le père le plus attentif, le plus attaché à son devoir, est retenu par ses affaires, absorbé par son labeur. Il donne à son fils de bons maîtres qui le munissent d'une solide instruction, mais l'éducation, c'est autre chose : un art de pénétration morale, un chef-d'œuvre de tendresse avisée. Qui donc se penche sur l'âme de l'enfant avec une curiosité inquiète et une inlassable persévérance ? Qui suit, avec une intelligence venue du cœur, découvrir les germes des qualités futures, et les faire éclore ? Et qui serait-ce, sinon la mère ? C'est elle qui se fait la confidente et le guide de son fils. Elle le façonne à être tel qu'elle le veut pour être fière de lui. Tout s'apprend, même la bravoure, même l'honneur. Il y a une éducation du sentiment : elle est l'essence même de la culture française : et c'est, chez nous, l'œuvre de la mère.

    On a souvent parlé des intuitions de l'âme féminine. Comment ne pas se rendre à l'évidence, quand nous en avons sous les yeux un exemple éclatant — où il faut bien avouer que la clairvoyance instinctive des femmes fait honte à ce qui fut notre aveuglement raisonné ?

    Rappelez-vous quel fut le grand engouement parmi les femmes, dans les années qui ont précédé la guerre. L'hôpital ! Soigner les malades, panser les blessés, c'était la manie, la fureur ; elles voulaient toutes être infirmières ! Mères et filles rêvaient d'examens médicaux et de brevets. Dès huit heures du matin, elles partaient pour l'hôpital ou la clinique. Un pansement bien fait les remplissait d'aise, et l'antisepsie était pour elles sans mystères.

    Nous les plaisantions sur ce beau feu, souvenez-vous-en ! Nous avions des sourires d'ironie pour cette vaine agitation, ne l'oublions pas ! Nous n'y voulions voir que la plus récente forme du snobisme... quand c'était, en réalité, une présence de l'instinct maternel. Cette guerre qu'aucun de nous n'avait prévue, cette guerre que tous nos politiciens s'accordaient à déclarer impossible, cette guerre à laquelle aucun de nous ne voulait croire, les femmes en ont eu, elles, le pressentiment. Elles s'y sont préparées. Elles ne pouvaient fabriquer des canons et s'entraîner au maniement des armes ; elles apprennent à panser les blessés et à soigner les malades. Elles se hâtaient de faire leur apprentissage, afin de n'être pas prises au dépourvu, quand viendrait l'heure qu'un mystérieux avertissement leur faisait deviner toute proche.

    Ce que nous leur devons... ah ! c'est bien plus encore.

    Quand nous avons admiré pour leur dévouement celles qui se prodiguent dans les ambulances, pour leur stoïcisme les épouses et les mères en deuil qui offrent leur souffrance en immolation à la patrie, nous n'avons encore rien dit. Regardons ailleurs. Où cela ? Sur les champs de bataille. Des prodiges s'y sont accomplis que suivront d'autres prodiges. D'où vient à nos frères, à nos fils tant de grandeur simple ? Nous nous le demandons parfois. N'allons pas chercher bien loin l'explication du miracle et ne laissons pas s'égarer notre gratitude. Pour être dignes de la France éternelle, ces braves n'ont eu qu'à ressembler à leurs mères.

    Chères femmes de France, c'est vous qui les avez formés à votre image, c'est vous qui nous les avez élevés pour plus de grandeur, c'est vous qui du plus pur de votre souffle leur avez fait des âmes généreuses et indomptables. Nous vous devons l'héroïsme de nos combattants.

    René DOUMIC.

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    Here is the complete English translation of René Doumic’s historic 1916 text, designed into the downloadable PDF above:

    THE FRENCHWOMAN OF TODAY AND OF ALWAYS

    BY RENÉ DOUMIC

    OF THE ACADÉMIE FRANÇAISE

    Translated from « Lectures pour tous » — January 15, 1916

    All of them, women and young girls, mothers, daughters and sisters, rich and poor, great ladies and women of the people, since the beginning of the war, have accepted everything: the anxieties, the privations, the sufferings, and the bereavements. In anxiety they have repressed the beating of their hearts; in pain they have held back their tears. They have forgotten themselves only to think of those who are fighting. They live only for the soldier, and that is why the brave men who, in Belgium, in France, in the East, fight for France, feel a vast maternal tenderness hovering over them.

    Everyone has celebrated this beautiful attitude of our Frenchwomen... Well, we do not yet admire them as we should, nor as they deserve. The tribute we pay them is worthy neither of them nor of us, and that is what I would like to say.

    For into our admiration there seems to mingle a little astonishment. One would say that we did not expect to find such beautiful souls in them, and that we are surprised by it. We seem to discover them, as if the war had revealed them to us! Is it possible? In a France that has never ceased to be the France of Joan of Arc, can it be that we could forget the worth of the women of our land? What she is today she was yesterday; she has always been. In days of old, she spun for the ransom of princes with those same agile fingers that now knit to provide our soldiers with warm clothes. In the most tragic hours, a single idea never occurred to her: to yield. The spectacles of the other war—the one we called "the war"—are not so distant that many of us do not remember them, and I recall in besieged Paris the long lines of women waiting outside bakeries to bring back the meager ration for the family. I remember an old grandmother returning, in that cruel winter, frozen with cold, her eyes reddened by the biting wind. I only saw her eyes reddened with tears once, it was the day that put an end to all those miseries...

    And could it be that we needed exceptional circumstances to judge the Frenchwoman? Was it not enough to have seen her grappling with the trials that daily existence spares none of them? Have we not noticed what reserve she displays? Of what heroism of a good bourgeois of her own she is capable? If a man has a pain to be consoled by her, a sadness to be comforted, have no fear: she will not falter. We say then that her nerves sustain her: it is her strength of soul that we should say. Have we not seen her at the bedside of the sick before seeing her by the bedside of the wounded? The frailest discovers forces that astonish us, and the most ignorant has, to soothe the worst distresses, words that we would not invent. It may be that the sisters of charity have been driven from our homes: they have found a refuge in the heart of all our women.

    But her most beautiful sacrifices the French woman accomplishes without effort and without display, with an air of not seeming to touch it and a determination not to be self-important. She leaves the pedantry of virtue to others, taking only its flower. Even when heroic, she does not forget to be graceful, or rather she is so without thinking about it. Her kindness has wit, her grace has a smile; and it is by this trait that we recognize her: divine simplicity.

    “Yet the Parisian woman before the war... the fashions of 1914... the culotte-skirt and the tango?” It is not I who will defend the ideas that came to us from Austria and the look of South America; we would have done better to leave it. But should the eccentricity of a few women cause all women to be condemned? Alas, we never fail in France to speak ill of ourselves. Our literature has fabricated, for the needs of the novel and the requirements of the stage, the amusing and trivial type of the luxury Parisian. That abroad they feigned to take this vain image for a resembling portrait is nothing more natural. The Frenchwoman is much envied, and with good reason. But is it up to us to repeat the self-serving calumnies of hypocritical Germany and echo them? Even now, it is a commonplace of our writers and lecturers to oppose the Frenchwoman of today to the Frenchwoman of yesterday. Do they not know what she did for her country, this Frenchwoman of yesterday and of always, in the very years when they would affect to believe her solely occupied with futility? And do they not understand what we owe her?

    We owe her, first of all, to be the one who keeps intact the sacred deposit of our traditional qualities. If it is true that there is a “French way” made of nobility, generosity, and kindness, who does not see what part belongs to feminine influence? By instinct, woman has a hatred for what is vulgar and low, a love for what is disinterested and chivalrous. Now, we are not among those who see in woman only a housekeeper or a servant: we make her our companion, friend, and inspiration. It is she who maintains among us the cult of the ideal.

    And she transmits it to our sons. It is upon her indeed, and upon her alone, that the entire task of education rests. The most attentive father, the most attached to his duty, is held back by his business, absorbed by his labor. He gives his son good masters who provide him with a solid instruction, but education is something else: an art of moral penetration, a masterpiece of wise tenderness. Who then bends over the child's soul with an anxious curiosity and an untiring perseverance? Who follows, with an intelligence born of the heart, to discover the seeds of future qualities and make them blossom? And who would it be, if not the mother? It is she who becomes the confidante and guide of her son. She shapes him to be such as she wants him to be to be proud of him. Everything can be learned, even bravery, even honor. There is an education of sentiment: it is the very essence of French culture: and it is, with us, the work of the mother.

    We have often spoken of the intuitions of the feminine soul. How can we not yield to the evidence, when we have a striking example before our eyes—where we must admit that the instinctive foresight of women puts to shame what was our reasoned blindness?

    Remember what a great craze there was among women in the years preceding the war. The hospital! Caring for the sick, dressing the wounded, it was a mania, a fury; they all wanted to be nurses! Mothers and daughters dreamed of medical exams and certificates. From eight o'clock in the morning, they left for the hospital or the clinic. A well-made dressing filled them with pleasure, and antisepsis held no secrets for them.

    We teased them about this fine ardor, remember it! We had smiles of irony for this vain agitation, let us not forget it! We wanted to see in it only the most recent form of snobbery... when it was, in reality, a presence of the maternal instinct. This war that none of us had foreseen, this war that all our politicians agreed to declare impossible, this war in which none of us wanted to believe, women had a presentiment of it. They prepared for it. They could not manufacture cannons and train in the handling of weapons; they learned to dress the wounded and care for the sick. They hastened to complete their apprenticeship, so as not to be caught off guard when the hour should come that a mysterious warning made them divine was very near.

    What we owe them... ah! it is much more still.

    When we have admired for their devotion those who give themselves unstintingly in the ambulances, for their stoicism the wives and mothers in mourning who offer their suffering as an immolation to the homeland, we have not yet said anything. Let us look elsewhere. Where? On the battlefields. Miracles have been accomplished there that will be followed by other miracles. Whence comes to our brothers, to our sons, so much simple grandeur? We ask ourselves sometimes. Let us not look very far for the explanation of the miracle, and let us not let our gratitude wander. To be worthy of eternal France, these brave men had only to resemble their mothers.

    Dear women of France, it is you who formed them in your image, it is you who raised them for greater grandeur, it is you who from the purest of your breath made them generous and indomitable souls. We owe you the heroism of our combatants.

    René DOUMIC.

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    Here is the complete Spanish translation of René Doumic’s essay, formatted with the same classic literary style as the PDF version:

    LA FRANCESA DE HOY Y DE SIEMPRE

    POR RENÉ DOUMIC

    DE LA ACADEMIA FRANCESA

    Traducido de « Lectures pour tous » — 15 de enero de 1916

    Todas, mujeres y jóvenes, madres, hijas y hermanas, ricas y pobres, grandes damas y mujeres del pueblo, desde el comienzo de la guerra lo han aceptado todo: las inquietudes, las privaciones, los sufrimientos y los lutos. En la angustia han reprimido los latidos de sus corazones; en el dolor han contenido sus lágrimas. No se han olvidado de sí mismas sino para pensar en los que luchan. No viven más que por el soldado, y es por ello que los valientes que, en Bélgica, en Francia, en Oriente, luchan por Francia, sienten planear sobre ellos como una inmensa ternura maternal.

    Todo el mundo ha celebrado esta hermosa actitud de nuestras francesas... Pues bien, no las admiramos todavía como deberíamos, ni como lo merecen. El homenaje que les rendimos no es digno ni de ellas ni de nosotros, y eso es lo que quisiera decir.

    Porque a nuestra admiración parece mezclarse un poco de asombro. Se diría que no esperábamos encontrar en ellas almas tan bellas, y que nos sorprende. ¡Parece que las descubrimos, como si la guerra nos las hubiera revelado! ¿Es posible? En una Francia que no ha dejado de ser la Francia de Juana de Arco, ¿es posible que podamos olvidar lo que vale la mujer de nuestra tierra? Lo que es hoy, lo era ayer; lo ha sido siempre. Hilaba antaño para el rescate de los príncipes con esos mismos dedos ágiles que ahora tejen para proveer a nuestros soldados de ropas abrigadas. En las horas más trágicas, una sola idea nunca se le ocurrió: ceder. Los espectáculos de la otra guerra —aquella que llamamos "la guerra"— no están tan lejanos como para que muchos de nosotros no los recordemos, y recuerdo en el París sitiado las largas filas de mujeres esperando ante las panaderías para traer la magra ración para la familia. Recuerdo a una anciana abuela que regresaba, en ese cruel invierno, helada de frío, con los ojos enrojecidos por el viento cortante. Solo vi sus ojos enrojecidos por las lágrimas una vez, fue el día que puso fin a todas esas miserias...

    ¿Acaso necesitábamos circunstancias excepcionales para juzgar a la francesa? ¿No bastaba con haberla visto lidiando con las pruebas que la existencia cotidiana no perdona a ninguna de ellas? ¿No hemos notado qué reserva despliega? ¿De qué heroísmo de buena burguesa de los suyos es capaz? Si un hombre tiene un dolor que debe ser consolado por ella, una tristeza que reconfortar, no teman: ella no flaqueará. Decimos entonces que sus nervios la sostienen: es su fuerza de alma lo que deberíamos decir. ¿No la hemos visto a la cabecera de los enfermos antes de verla junto al lecho de los heridos? La más frágil descubre fuerzas que nos asombran, y la más ignorante tiene, para calmar las peores desdichas, palabras que nosotros no inventaríamos. Puede ser que las hermanas de la caridad hayan sido expulsadas de nuestros hogares: han encontrado un refugio en el corazón de todas nuestras mujeres.

    Pero sus más hermosos sacrificios la mujer francesa los realiza sin esfuerzo y sin ostentación, con un aire de no parecer tocarlo y una determinación de no ser pretenciosa. Deja la pedantería de la virtud a los demás, tomando solo su flor. Incluso cuando es heroica, no olvida ser graciosa, o más bien lo es sin pensarlo. Su bondad tiene ingenio, su gracia tiene una sonrisa; y es por este rasgo que la reconocemos: la divina simplicidad.

    “¿Y sin embargo la parisina de antes de la guerra... las modas de 1914... la falda-pantalón y el tango?” No seré yo quien defienda las ideas que nos venían de Austria y el aire de Sudamérica; habríamos hecho mejor en dejarlo. ¿Pero la excentricidad de unas pocas mujeres debía hacer que todas las mujeres fueran condenadas? ¡Ay!, nunca dejamos en Francia de hablar mal de nosotros mismos. Nuestra literatura ha fabricado, para las necesidades de la novela y las exigencias de la escena, el tipo divertido y frívolo de la parisina de lujo. Que en el extranjero hayan fingido tomar esta vana imagen por un retrato fiel no es nada más natural. La mujer francesa es muy envidiada, y con razón. ¿Pero nos corresponde a nosotros repetir las calumnias interesadas de la hipócrita Alemania y hacer eco de ellas? Incluso ahora, es un lugar común de nuestros escritores y conferenciantes oponer la francesa de hoy a la francesa de ayer. ¿No saben acaso lo que hizo por su país, esta francesa de ayer y de siempre, en los mismos años en que pretenderían creerla únicamente ocupada en la futilidad? ¿Y no comprenden lo que le debemos?

    Le debemos, ante todo, ser la que guarda intacto el depósito sagrado de nuestras cualidades tradicionales. Si es verdad que hay una “manera francesa” hecha de nobleza, generosidad y bondad, ¿quién no ve qué parte corresponde a la influencia femenina? Por instinto, la mujer tiene odio a lo que es vulgar y bajo, amor a lo que es desinteresado y caballeresco. Ahora bien, no somos de aquellos que no ven en la mujer más que una ama de casa o una sirvienta: hacemos de ella nuestra compañera, amiga e inspiradora. Es ella quien mantiene entre nosotros el culto al ideal.

    Y ella lo transmite a nuestros hijos. Es sobre ella, en efecto, y solo sobre ella, que reposa toda la tarea de la educación. El padre más atento, el más apegado a su deber, se ve retenido por sus negocios, absorbido por su labor. Da a su hijo buenos maestros que le proveen de una sólida instrucción, pero la educación es otra cosa: un arte de penetración moral, una obra maestra de sabia ternura. ¿Quién entonces se inclina sobre el alma del niño con una curiosidad inquieta y una perseverancia incansable? ¿Quién sigue, con una inteligencia nacida del corazón, para descubrir los gérmenes de las cualidades futuras y hacerlos florecer? ¿Y quién sería, sino la madre? Es ella quien se convierte en la confidente y guía de su hijo. Ella lo moldea para ser tal como lo quiere para estar orgullosa de él. Todo se aprende, incluso la valentía, incluso el honor. Hay una educación del sentimiento: es la esencia misma de la cultura francesa: y es, entre nosotros, la obra de la madre.

    A menudo se ha hablado de las intuiciones del alma femenina. ¿Cómo no rendirse ante la evidencia, cuando tenemos un ejemplo flagrante ante los ojos, donde hay que admitir que la previsión instintiva de las mujeres avergüenza lo que fue nuestra ceguera razonada?

    Recuerden cuál fue el gran furor entre las mujeres en los años que precedieron a la guerra. ¡El hospital! Cuidar a los enfermos, vendar a los heridos, era la manía, la furor; ¡todas querían ser enfermeras! Madres e hijas soñaban con exámenes médicos y certificados. Desde las ocho de la mañana, partían hacia el hospital o la clínica. Un vendaje bien hecho las llenaba de satisfacción, y la antisepsia no tenía secretos para ellas.

    ¡Nosotros las burlábamos por este hermoso ardor, recuérdenlo! ¡Teníamos sonrisas de ironía por esta vana agitación, no lo olvidemos! Solo queríamos ver en ello la más reciente forma de esnobismo... cuando era, en realidad, una presencia del instinto maternal. Esta guerra que ninguno de nosotros había previsto, esta guerra que todos nuestros políticos se complacían en declarar imposible, esta guerra en la que ninguno de nosotros quería creer, las mujeres tuvieron el presentimiento de ella. Se prepararon para ella. No podían fabricar cañones ni entrenarse en el manejo de las armas; aprendieron a vendar a los heridos y a cuidar a los enfermos. Se apresuraron a completar su aprendizaje, para no ser tomadas desprevenidas cuando llegara la hora que un misterioso aviso les hacía adivinar muy cercana.

    Lo que les debemos... ah! ¡es mucho más todavía!

    Cuando hemos admirado por su devoción a aquellas que se entregan sin reservas en las ambulancias, por su estoicismo a las esposas y madres en luto que ofrecen su sufrimiento en inmolación a la patria, no hemos dicho nada todavía. Miremos a otra parte. ¿Dónde? En los campos de batalla. Milagros se han cumplido allí que serán seguidos por otros milagros. ¿De dónde viene a nuestros hermanos, a nuestros hijos, tanta simple grandeza? Nos lo preguntamos a veces. No busquemos muy lejos la explicación del milagro y no dejemos extraviar nuestra gratitud. Para ser dignos de la Francia eterna, estos valientes solo tuvieron que parecerse a sus madres.

    Queridas mujeres de Francia, son ustedes quienes los formaron a su imagen, son ustedes quienes los criaron para una mayor grandeza, son ustedes quienes desde lo más puro de su aliento les hicieron almas generosas e indomables. Les debemos el heroísmo de nuestros combatientes.

    René DOUMIC.

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    Mai jos puteți citi traducerea completă în limba română a textului publicat de René Doumic în 1916, păstrând stilul solemn și literar al eseului original:

    FEMEIA FRANCEZĂ DE AZI ȘI DINTOTDEAUNA

    DE RENÉ DOUMIC

    DIN CADRUL ACADEMIEI FRANCEZE

    Traducere din revista « Lectures pour tous » — 15 ianuarie 1916

    Toate, femei și tinere fete, mame, fiice și surori, bogate și sărace, mari doamne și femei din popor, de la începutul războiului au acceptat totul: neliniștile, privările, suferințele și doliul. În anxietate și-au înăbușit bătăile inimii; în durere și-au stăpânit lacrimile. S-au uitat pe sine doar pentru a se gândi la cei care luptă. Ele nu trăiesc decât pentru soldat, și de aceea acei oameni viteji care, în Belgia, în Franța, în Orient, luptă pentru Franța, simt planând asupra lor o imensă tandrețe maternă.

    Toată lumea a celebrat această frumoasă atitudine a franțuzoaicelor noastre... Ei bine, noi nu le admirăm încă așa cum ar trebui, nici cum o merită. Omagiul pe care li-l aducem nu este demn nici de ele, nici de noi, și asta este ceea ce aș vrea să spun.

    Căci în admirația noastră se pare că se amestecă un pic de uimire. S-ar spune că nu ne așteptam să găsim în ele suflete atât de frumoase și că suntem surprinși de asta. Părem să le descoperim, ca și cum războiul ni le-ar fi revelat! Este posibil? Într-o Franță care nu a încetat să fie Franța Ioanei d'Arc, se poate oare să uităm cât valorează femeia de la noi? Ceea ce este ea astăzi, era și ieri; a fost dintotdeauna. Ea torcea odinioară pentru răscumpărarea prinților cu aceleași degete agile care acum împletesc pentru a le oferi soldaților noștri haine călduroase. În orele cele mai tragice, o single idee nu i-a trecut vreodată prin minte: să cedeze. Spectacolele celuilalt război — cel pe care l-am numit „războiul” — nu sunt atât de îndepărtate încât mulți dintre noi să nu ni le amintim, și îmi amintesc în Parisul asediat lungile cozi de femei așteptând în fața brutăriilor pentru a aduce înapoi slaba rație a familiei. Îmi amintesc de o bunică bătrână care se întorcea, în acea iarnă cruntă, amorțită de frig, cu ochii înroșiți de crivăț. Nu i-am văzut decât o singură dată ochii înroșiți de lacrimi: a fost ziua care a pus capăt tuturor acestor mizerii...

    Și se poate oare să fi avut nevoie de circumstanțe excepționale pentru a o judeca pe franțuzoaică? Nu era oare de ajuns să o fi văzut luptându-se cu încercările pe care existența cotidiană nu le cruță niciuneia dintre ele? Nu am observat oare ce rezervă desfășoară? De ce eroism de bună burgheză este capabilă pentru ai săi? Dacă un bărbat are o durere de alinat lângă ea, o tristețe de reconfortat, nu vă temeți: ea nu va slăbi. Spunem atunci că nervii o susțin: forța ei de suflet este ceea ce ar trebui să spunem. Nu am văzut-o oare la căpătâiul bolnavilor înainte de a o vedea lângă patul răniților? Cea mai fragilă descoperă forțe care ne uimesc, iar cea mai ignorantă are, pentru a calma cele mai mari suferințe, cuvinte pe care noi nu le-am inventa. Se poate ca surorile de caritate să fi fost alungate din căminele noastre: ele au găsit un refugiu în inima tuturor femeilor noastre.

    Dar cele mai frumoase sacrificii ale sale, femeia franceză le împlinește fără efort și fără ostentație, cu un aer de a nu părea că se atinge de ele și cu hotărârea de a nu fi pretențioasă. Lasă pedantismul virtuții altora, pentru a nu-i lua decât floarea. Chiar și când este eroică, nu uită să fie grațioasă, sau mai degrabă este așa fără să se gândească. Bunătatea ei amestecă spiritul, grația ei are un zâmbet; și prin această trăsătură o recunoaștem: divina simplitate.

    „Și totuși parizianca de dinainte de război... modele din 1914... fusta-pantalon și tangoul?” Nu voi fi eu cel care va apăra ideile care ne veneau din Austria și aerul din America de Sud; am fi făcut mai bine să le lăsăm acolo. Dar excentricitatea câtorva femei trebuia oare să facă ca toate femeile să fie condamnate? Din păcate, nu lipsim niciodată în Franța de a vorbi de rău despre noi înșine. Literatura noastră a fabricat, pentru nevoile romanului și pentru exigențele scenei, tipul amuzant și frivol al pariziencei de lux. Ca în străinătate să se fi prefăcut că iau această imagine deșartă drept un portret asemănător, nimic nu este mai natural. Femeia franceză este foarte invidiată, și cu motiv. Dar ne revine oare nouă să repetăm calomniile interesate ale ipocritei Germanii și să le facem ecou? Chiar și acum, este un loc comun al scriitorilor și conferențiarilor noștri de a opune franțuzoaica de azi franțuzoaicei de ieri. Nu știu ei oare ce a făcut pentru țara ei, această franțuzoaică de ieri și de totdeauna, în înșiși anii în care ar pretinde să o creadă ocupată doar de futilitate? Și nu înțeleg ei ceea ce îi datorăm?

    Îi datorăm, înainte de toate, să fie cea care păstrează intact depozitul sacru al calităților noastre tradiționale. Dacă este adevărat că există o „manieră franceză” făcută din noblețe, generozitate și bunătate, cine nu vede ce parte îi revine influenței feminine? Prin instinct, femeia are ură față de ceea ce este vulgar și josnic, dragoste pentru ceea ce este dezinteresat și cavaleresc. Or, noi nu suntem dintre aceia care nu văd în femeie decât o gospodină sau o slujnică: noi facem din ea însoțitoarea, prietena, inspiratoarea noastră. Ea este cea care întreține la noi cultul idealului.

    Și ela o transmite fiilor noștri. Pe ea, într-adevăr, și numai pe ea, se sprijină întreaga sarcină a educației. Tatăl cel mai atent, cel mai atașat de datoria sa, este reținut de afacerile sale, absorbit de munca sa. El îi dă fiului său profesori buni care îl înzestrează cu o instruire solidă, dar educația este altceva: o artă de pătrundere morală, o capodoperă de tandrețe avizată. Cine deci se apleacă asupra sufletului copilului cu o curiozitate neliniștită și o perseverență neobosită? Cine urmărește, cu o inteligență venită din inimă, să descopere germenii calităților viitoare și să-i facă să înflorească? Și cine ar fi, dacă nu mama? Ea este cea care se face confidenta și ghidul fiului său. Ea îl modelează pentru a fi așa cum îl vrea ea pentru a fi mândră de el. Totul se învață, chiar și curajul, chiar și onoarea. Există o educație a sentimentului: ea este însăși esența culturii franceze: și este, la noi, opera mamei.

    S-a vorbit adesea despre intuițiile sufletului feminin. Cum să nu te predai în fața evidenței, când avem sub ochi un exemplu strălucit — unde trebuie să mărturisim că perspicacitatea instinctivă a femeilor face de rușine ceea ce a fost orbirea noastră rațională?

    Amintiți-vă care a fost marea pasiune printre femei, în anii care au precedat războiul. Spitalul! Să îngrijească bolnavii, să panseze răniții, era mania, furia; toate voiau să fie infirmiere! Mame și fiice visau la examene medicale și diplome. De la ora opt dimineața, plecau spre spital sau clinică. Un pansament bine făcut le umplea de satisfacție, iar antisepsia nu avea secrete pentru ele.

    Glumeam pe seama lor pentru acest foc frumos, amintiți-vă! Aveam zâmbete de ironie pentru această agitație deșartă, să nu uităm! Nu voiam să vedem în asta decât cea mai recentă formă de snobism... când era, în realitate, o prezență a instinctului matern. Acest război pe care niciunul dintre noi nu-l prevăzuse, acest război pe care toți politicienii noștri se acordau să-l declare imposibil, acest război în care niciunul dintre noi nu voia să creadă, femeile au avut presimțirea lui. S-au pregătit pentru el. Nu puteau fabrica tunuri și să se antreneze în mânuirea armelor; au învățat să panseze răniții și să îngrijească bolnavii. S-au grăbit să își facă ucenicia, pentru a nu fi prinse nepregătite când va veni ora pe care un avertisment misterios le făcea să o ghicească foarte aproape.

    Ceea ce le datorăm... ah! este mult mai mult încă.

    Când le-am admirat pentru devotamentul lor pe cele care se dăruiesc în ambulanțe, pentru stoicismul lor pe soțiile și mamele îndoliate care își oferă suferința ca o imolație patriei, nu am spus încă nimic. Să privim în altă parte. Unde anume? Pe câmpurile de bătălie. S-au împlinit acolo minuni care vor fi urmate de alte minuni. De unde le vine fraților noștri, fiilor noștri atâta măreție simplă? Ne întrebăm uneori. Să nu căutăm prea departe explicația miracolului și să nu lăsăm recunoștința noastră să se rătăcească. Pentru a fi demni de Franța eternă, acești viteji n-au avut decât să semene cu mamele lor.

    Dragi femei ale Franței, voi sunteți cele care i-ați format după imaginea voastră, voi sunteți cele care ni i-ați crescut pentru mai multă măreție, voi sunteți cele care, din cea mai pură suflare a voastră, le-ați făcut suflete generoase și de neînfrânt. Vă datorăm eroismul combatanților noștri.

    René DOUMIC.

     

     

     



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